Des tableaux à assembler
Des puzzles par peintre.
Certains peintres ont laissé dans la collection ouverte du Met de quoi occuper toute une soirée à eux seuls. Les voici, chacun avec une note sur ce que ses tableaux donnent une fois découpés, car la main du peintre change le puzzle bien plus que le sujet.
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Winslow Homer
La mer, les bois et le grand air 6 tableaux →Un nouveau peintre chaque lundi.
Pâte épaisse, vue de près
Vincent van Gogh
Des toiles des cinq dernières années de sa vie, toutes venues du Met. Des roses et des iris, des oliviers et des cyprès, une paire de souliers usés, les gens d'Arles. Presque chacune est bâtie de touches courtes et chargées que l'œil peut suivre.
17 tableaux →Affiches et nuits tardives
Henri de Toulouse-Lautrec
Surtout des estampes et des dessins, plutôt que des huiles. Des affiches de cabaret, le Moulin Rouge, des chanteuses et des danseuses saisies en plein geste, et quelques portraits plus calmes. Couleur plate, trait rapide, beaucoup de papier nu.
19 tableaux →Salles de répétition
Edgar Degas
La classe de danse traverse presque tout. Des filles à la barre, un ballet vu de la fosse, du tulle rose et vert. Autour d'elles, les plus calmes : une repasseuse, un amateur d'estampes, un portrait ou deux.
13 tableaux →Un visage sorti du noir
Rembrandt
Ce sont presque tous des gens. Aristote la main sur Homère, Flore en habit de printemps, Hendrickje, Bellone en armure, le peintre Gérard de Lairesse, un homme au turban. La lumière trouve un visage et laisse filer le reste.
7 tableaux →Après-midis américains
William Merritt Chase
Enlevé, rapide, et le plus souvent en plein soleil. Des enfants au bord de la mer, une fille dans un parc, un vase d'azalées, une table de poissons. Il peignait vite et laissait la brosse visible.
7 tableaux →Portraits et voyages
John Singer Sargent
De la fameuse robe noire de Madame X aux scènes lumineuses rapportées d'Égypte et d'Espagne. Un portraitiste mondain qui ne tenait pas en place.
7 tableaux →Après-midis au bord de l'eau
Édouard Manet
Des toiles de ses années claires. Une barque sur la Seine, la famille Monet sous les arbres du jardin, une partie de pêche, et une petite brioche sur un linge.
6 tableaux →Solide et sans sentiment
Gustave Courbet
Des toiles qui ont du poids. Une femme dans les vagues, une barque de pêche, des demoiselles de village en promenade, un perroquet sur un poignet. Pâte épaisse, travaillée au couteau autant qu'à la brosse.
6 tableaux →Bords fondus, lumière d'argent
Camille Corot
Des tableaux où la lumière fait presque tout. Agar dans le désert, des voyageurs dans un paysage, une liseuse, une lettre à moitié écrite. Des arbres en plumes et un silence vert-de-gris sur l'ensemble.
6 tableaux →Le Fuji, les vagues et la neige
Katsushika Hokusai
Des estampes des années où Hokusai, passé soixante-dix ans, était au sommet de son art. La grande vague de Kanagawa avec le Fuji tout petit en dessous, le lac de Hakone, les torii dressés dans la baie de Noboto, la neige sur la Sumida, un coq et une poule parmi les commélines, et un oiseau mystique au visage humain. Bleu de Prusse, contours fermes et beaucoup d’audace.
6 tableaux →Pluie, lune et route
Utagawa Hiroshige
Des estampes d’un Japon vu en chemin. Des oies sauvages qui traversent la pleine lune, la pluie de nuit qui tombe en biais sur le grand pin de Karasaki, le relais d’Ōtsu sur la route du Tōkaidō, un bois sacré près d’un village, et une petite vue d’Edo. Hiroshige faisait fondre une couleur dans la suivante, si bien que ses ciels passent du bleu profond à rien du tout.
6 tableaux →Une lumière chaude sur des gens qu’il aimait
Pierre-Auguste Renoir
Renoir au plus chaleureux. Madame Charpentier sur un canapé avec ses deux enfants et le chien de la maison, une petite fille avec un bouquet de marguerites, Nini assise dans un jardin plein de lumière tachetée, une jeune fille au bain, et des fleurs amoncelées à côté de figues de Barbarie sur une table. Une peau douce, une touche légère comme une plume, et de la couleur là où l’on attendrait l’ombre.
6 tableaux →Construit touche par touche
Paul Cézanne
Cézanne dans les années où il reconstruisait la peinture depuis les fondations. La montagne Sainte-Victoire au-dessus du viaduc de la vallée de l’Arc, des joueurs de cartes penchés sur leur partie, Madame Cézanne en robe rouge, des pommes à côté d’un pot de primevères, un paysan assis, le domaine Saint-Joseph parmi ses arbres. Tout est fait de petites touches carrées posées côte à côte comme des carreaux.
6 tableaux →Tahiti, en aplats de couleur
Paul Gauguin
Le Tahiti de Gauguin. Ia Orana Maria, une Marie tahitienne portant son enfant sur l’épaule et un ange à moitié caché parmi les fleurs, des femmes qui se baignent au bord de l’eau, la sieste sous une véranda ombragée, deux femmes côte à côte, un paysage tahitien, et une théière posée parmi des fruits. Une couleur posée à plat, en grandes formes franches.
6 tableaux →Un peintre de cour à l’œil aiguisé
Francisco de Goya
Goya portraitiste, de la cour de Charles III aux années d’après-guerre. Manuel Osorio en rouge, sa pie au bout d’un fil et trois chats qui la guettent, la comtesse d’Altamira avec sa petite fille, un petit garçon appelé Pepito, un architecte en manches de chemise, une dame en mantille, et une corrida dans une arène partagée en deux. Des fonds gris, une touche rapide et aucune flatterie.
6 tableaux →La mer, les bois et le grand air
Winslow Homer
Winslow Homer en plein air. Des écoliers qui jouent en chaîne dans un pré, un ancien soldat revenu de la guerre qui fauche le blé, un marin à la dérive parmi les requins du Gulf Stream, une pêcheuse penchée contre le vent sur le rivage, un feu de camp qui lance ses étincelles dans les bois obscurs, et un canot qui descend les rapides du Saguenay. Le temps qu’il fait, peint par quelqu’un qui sortait l’affronter.
6 tableaux →Tout en mouvement
Peter Paul Rubens
Rubens, de son premier tableau daté, un homme tenant un compas, aux toiles de ses dernières années. Une chasse au loup et au renard lancée à pleine course, le dieu-fleuve Achéloüs qui régale ses hôtes, Vénus qui retient Adonis de partir chasser, Henri IV en triomphe, et Rubens lui-même au jardin avec sa jeune épouse et leur fils. Une chair chaude, des étoffes rouges et rien d’immobile.
6 tableaux →Une couleur qui bat
Eugène Delacroix
Delacroix sur quarante ans, d’une étude d’atelier d’après le modèle à l’un de ses derniers tableaux. Le Christ endormi dans la barque pendant que la tempête éclate, Rébecca enlevée à cheval devant un château en flammes, Ovide exilé chez les Scythes, sa tante Madame Riesener, et une corbeille de fleurs renversée dans un parc. Une couleur qui bouge même quand rien d’autre ne bouge.
6 tableaux →Panneaux, papier et bois gravé
Albrecht Dürer
Albrecht Dürer à Nuremberg, d’environ 1505 à 1523, en peinture et en gravure. Sainte Anne, la main sur l’épaule de Marie pendant que l’Enfant dort, le Christ en bleu et rouge qui bénit, le monde dans la main, la Vierge à l’Enfant sur fond sombre, et le profil d’une jeune femme dessiné sur papier vert. Puis le noir et blanc : ses armoiries, une porte ouverte sous des ailes déployées, un entrelacs pour la broderie, et deux feuilles de l’Arc d’honneur gravé sur bois pour l’empereur Maximilien.
8 tableaux →Saints, déesses et chapeaux rouges
Lucas Cranach the Elder
Lucas Cranach, peintre de cour à Wittenberg au temps de la Réforme. Judith au chapeau rouge à plumes blanches, l’épée dressée au-dessus de la tête d’Holopherne, Vénus sur un panneau rond avec Cupidon, Pâris en armure devant trois déesses sous l’œil d’un cheval blanc, sainte Barbe à genoux en rouge parmi les soldats, saint Maurice en armure d’argent, et le duc de Saxe en noir sur fond rouge. Un Luther d’atelier les accompagne.
6 tableaux →Des marchands, un savant et la Mort
Hans Holbein the Younger
Les portraits de Hans Holbein, d’un jeune homme de Lucerne en 1517 aux marchands allemands qu’il peignit à Londres. Benedikt von Hertenstein au bonnet rouge sous une frise peinte, Hermann von Wedigh et Derick Berck en noir sur fond bleu ou vert, Érasme les mains jointes dans son col de fourrure. Puis deux petites gravures sur bois de la Danse des morts, où un squelette emmène l’abbé et conduit un vieillard chez le médecin. Une copie et un médaillon d’atelier les accompagnent.
6 tableaux →Fraises, rires et habits noirs
Frans Hals
Frans Hals à Haarlem, qui peint vite et laisse voir la touche. Des fêtards serrés autour d’une table de carnaval chargée de pain et d’œufs, un jeune homme au grand chapeau gris qui lève son verre dans une auberge pendant qu’une fille rit à son épaule, un garçon au luth, et le savant Petrus Scriverius et sa femme Anna van der Aar, chacun dans un ovale peint. Paulus Verschuur se tient en noir, la main sur la hanche. Une copie d’un portrait de Hals les accompagne.
7 tableaux →Soie, petits chiens et pinceau vif
Jean-Honoré Fragonard
Jean-Honoré Fragonard à Paris vers 1770, avec une pièce sombre de ses années romaines, pleine de femmes, de bébés et d’un chien. Une femme à son bureau qui lève les yeux de sa lettre et d’un petit bouquet, un petit chien blanc sur la chaise, deux sœurs serrées l’une contre l’autre en jaune et en rose, une dame en fraise d’autrefois qui soulève son chien, et une jeune fille qui lit de profil sur un ciel bleu. Peint vite, en couleurs de soie et en lumière chaude.
6 tableaux →Venise, masques et gondoles
Francesco Guardi
La Venise de Francesco Guardi dans les années 1760 et 1770, peinte d’un pinceau vif et frémissant. La place Saint-Marc et son campanile sous un grand ciel bleu, le pont du Rialto vu d’un peu plus haut sur le Grand Canal, les voiles et les mâts qui se pressent dans le bassin de Saint-Marc, des silhouettes en robe noire dans l’antichambre de la salle du Grand Conseil, et des masques qui se croisent au Ridotto. Et un lieu qui n’a jamais existé : des ruines, des arbres et des barques sous un cadre cintré.
6 tableaux →La soie, les habits rouges et les bois
Thomas Gainsborough
Les modèles de Thomas Gainsborough, et la campagne qu’il aimait peindre entre deux portraits. Grace Dalrymple Elliott en pied dans une soie dorée, la reine Charlotte sous un nuage de boucles poudrées, un musicien en habit rouge qui tient sa partition, un officier en écarlate, de l’or sur l’épaule, des enfants de chaumière partis ramasser du bois dans une forêt sombre, et un chemin de charrette qui monte vers des collines boisées. L’Angleterre des années 1770 et 1780, d’un pinceau léger et rapide.
7 tableaux →Grands chapeaux, habits rouges et un agneau
Joshua Reynolds
Joshua Reynolds et les familles qui ont posé pour lui, des années 1740 à la fin des années 1780. Deux enfants et leur précepteur avec un agneau, trois messieurs attablés sous les arbres avec un chien à leurs pieds, Anne Dashwood une houlette à la main, Lady Smith qui serre contre elle ses trois enfants, le capitaine Coussmaker appuyé à un arbre près de son cheval, et une petite fille au bonnet rose, assise bien sage, les mains jointes.
8 tableaux →Des visages en pleine lumière
Henry Raeburn
Henry Raeburn a peint ces portraits à Édimbourg vers 1800. Le jeune William Fraser en habit sombre sur un fond plus sombre encore, Mrs Oswald en blanc avec une ceinture orange et des arbres qui s’assombrissent derrière elle, les enfants Drummond et leur poney sous les arbres, George Harley Drummond à côté d’un grand cheval bai, Janet Law en blanc, et deux hommes âgés installés dans leur fauteuil. La lumière tombe franchement sur les visages et le blanc des cols, et le reste se perd dans le brun.
7 tableaux →Chênes, landes et eau dormante
Théodore Rousseau
Théodore Rousseau dans la campagne française, souvent dans la forêt de Fontainebleau ou à ses abords, des années 1840 aux années 1860. Des arbres nus qui s’assombrissent contre un coucher de soleil d’hiver, une mare sous un ciel lourd, une petite barque sur une rivière lente, un soir rouge sur les rochers près d’Arbonne, un grand chêne à l’orée du bois des Monts-Girard, et un jeune bouleau qui prend le soleil un matin de début d’été. Chaque arbre a sa forme, comme un visage dans la foule.
7 tableaux →Des roses, des pensées et une poire
Henri Fantin-Latour
Henri Fantin-Latour devant sa table de fleurs, des années 1860 aux années 1880. Des roses blanches dans un verre près d’une poire mûre et de quelques grains de raisin, des pensées en pots de terre avec des pommes vertes à côté, un bouquet d’été serré, rose, blanc et rouge, et une corbeille de fruits avec un couteau sur une petite table de bois. Entre les fleurs, deux personnes : le peintre lui-même, jeune, à moitié dans l’ombre, et une femme en noir aux mains croisées.
7 tableaux →Collines de village et matins de ville
Camille Pissarro
Camille Pissarro, des collines de Pontoise aux fenêtres de Paris et de Rouen, entre 1867 et 1899. Un chemin qui sort du village sur la côte du Jalais, des femmes penchées sur la récolte d’un coteau sous de grands arbres, une péniche à bande rouge sur la rivière, des meules roses à Eragny, le boulevard Montmartre un matin d’hiver vu d’en haut, et le jardin des Tuileries au printemps. Des jours ordinaires, regardés longtemps.
8 tableaux →Routes, berges et ciel changeant
Alfred Sisley
Alfred Sisley dans les petites villes au bord de la Seine et du Loing, des années 1870 aux années 1890. Le pont suspendu de Villeneuve-la-Garenne, des marronniers le long du fleuve avec une voiture à leur ombre, la route de Versailles à Louveciennes sous un ciel gris, une rue enneigée à Moret, une maison au toit rouge sur la route de Saint-Mammès, et un pré de Sahurs devenu doré au soleil du matin. Du ciel presque partout, et la lumière qui y change.
8 tableaux →Du noir, du gris et un peu de rose
James McNeill Whistler
James McNeill Whistler, un Américain installé à Londres, dans les années 1870 et 1880. Le critique Théodore Duret en habit de soirée, une cape rose sur le bras, l’acteur Henry Irving en Philippe II d’Espagne, une dame en gris sur fond sombre, une femme alanguie près du feu dans une pièce jaune, la foule du soir aux jardins de Cremorne et la place du marché de Dieppe. Il appelait ses tableaux des arrangements et des notes, et il le pensait.
7 tableaux →Lacs, mer et lumière tranquille
John Frederick Kensett
John Frederick Kensett, peintre américain des lacs et des rivages, des années 1850 à 1872. Des montagnes dans la brume sur le lac George, le même lac en une étude rapide couleur turquoise, l’Hudson entre des collines vertes, des promeneurs au repos sous de grands arbres au bord du lac Conesus, le soleil qui descend sur une mer plate, une pointe rocheuse sous un ciel de brouillard, et des cèdres à Darien avec la dernière lueur rouge derrière les troncs. Il se passe très peu de chose, très lentement.
8 tableaux →Fleurs, chênes et brume dorée
George Inness
George Inness, de la vallée du Delaware aux collines autour de Rome, puis de retour au New Jersey, entre 1861 et les années 1890. Un arc-en-ciel sur le Delaware Water Gap avec du bétail au bord de la rivière, des chênes rouges et or sous un ciel d’orage, une grange rouge et des arbres sombres contre un soir orangé à Medfield, des oliviers au-dessus de la plaine à Tivoli, et un verger de Montclair en fleurs blanches dans une brume verte. Le vrai sujet, c’est l’air.
8 tableaux →Lanternes, fleurs de prunier et pluie
Suzuki Harunobu
Des estampes d’Edo des années 1760, au moment où Harunobu faisait quelques-unes des premières estampes en pleine couleur. De jeunes femmes élancées dans des scènes calmes : l’une qui lève une lanterne vers les fleurs de prunier sur une nuit noire, deux qui partagent un parapluie jaune sous l’orage, des femmes qui jouent du shamisen pendant que des hommes regardent par une fenêtre à claire-voie, un service à thé sur un support rouge par une nuit de pluie, et une femme seule à un sanctuaire à l’heure du bœuf.
7 tableaux →Les femmes d’Edo, de près
Kitagawa Utamaro
Des estampes d’Edo, pour la plupart des années 1790, où Utamaro cadre ses femmes de près, souvent en buste. Deux femmes tête contre tête, l’une en noir à pois blancs, une femme qui s’essuie le visage après le bain, deux dames qui tiennent chacune une partie d’un miroir laqué, une mère et son bébé à minuit, des enfants qui jouent autour d’un paravent, et une maisonnée qui se réfugie sous une moustiquaire verte à l’arrivée de l’orage.
8 tableaux →Fantômes, lutteurs et pluie
Utagawa Kuniyoshi
Des estampes d’Edo du milieu du XIXe siècle, souvent larges de trois feuilles. Deux lutteurs de sumo empoignés sous les yeux d’un juge et de l’arbitre, les fantômes des Taira qui surgissent de la mer autour d’un navire dans la baie de Daimotsu, une foule de combattants sur le toit pentu du Hōryūkaku, tirée du roman des huit chiens, des femmes sur un bateau de plaisance sous la lune d’automne, et la pluie grise sur la rivière à Ochanomizu.
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